Thé, café ou chocolat ?

Chaque jour, je bois de grandes tasses de thé chaud. Du bon thé que me ramène mon mari du Palais des Thés. Je ne suis pas ici pour en faire de la pub, mais pour vous exposer le déroulement de ma dernière aquarelle :
« Douce gourmandise »

Cela faisait longtemps que j’avais envie de m’arrêter dans ma course habituelle et de la peindre.
Le document de départ, je l’ai trouvé il y a longtemps sur internet, sur Pinterest ou autre, je ne me souviens plus.
Ce qui m’a interpellé, dans cette image, c’est la dominante de couleur.
Le turquoise qui est depuis probablement ma couleur préférée.

Les matières aussi, m’ont attirées. Il y a le bois du fond, le papier journal, le petit napperon tissé, le biscuit, la cuillère… autant de matières mates ou brillantes intéressantes à rendre avec l’aquarelle!

Alors, je me suis lancée!!!

J’ai commencé par un dessin simple. Au départ, je voulais essayer de simplifier la composition mais au fur et à mesure de mon travail, le « naturel » a repris ses droits et vous verrez, que finalement, ça n’est pas simplifié du tout! Qu’importe…

Pour les aquarelliste : j’ai travaillé dans le bloc Hahnemülhe, papier Harmony grain fin, 300 gr au format 30 sur 40 cm.

Ce papier permet beaucoup de choses : il est agréable pour le dessin au crayon pour autant que l’on n’utilise pas de gomme abrasive et il supporte bien l’eau!

La deuxième étape : le fond

J’ai tout d’abord placé de larges zones à l’aquarelle turquoise avec un large pinceau plat en observant les valeurs du document.

Toujours avec un pinceau plat, j’ai tracé les veines du bois en gris, marron,… Très gai à réaliser : en fonction du dessin du bois, je tenais mon pinceau à plat ou sur la tranche.

À cette étape, remarquez que j’ai déjà placé différentes ombres des objets à venir …

Troisième étape : le journal

Le journal est à l’arrière-plan donc un peu flou.
Pour le papier, j’ai créé un petit « jus » (aquarelle très diluée) beige avec de l’ocre et une toute petite pointe de bleu et de rose pour le rendre moins jaune. Il y a beaucoup plus d’eau que de couleur!!!
Pour l’encre du journal, j’ai utilisé du gris de Payne réchauffé aussi d’un peu d’ocre et bien que ce ne soit pas trop bien vu en aquarelle, j’ai quand même utilisé un peu de noir pour suggérer l’illustration. Je ne suis pas puriste! 😉

Pour le flou, j’ai travaillé sur fond humide et laissé simplement fuser l’aquarelle…

Quatrième étape : le napperon tissé

Si vous comprenez bien ma logique pour cette aquarelle : je pars de ce qui est le plus en arrière et je progresse vers l’avant-plan.

Pour le petit napperon tissé, pas moyen d’échapper au masque liquide…
Le tissage ressort par la trame blanche faite de tout petits traits nets sur des zones foncées. J’ai aussi simulé la matière avec des traits de pastel gras mais au final, de sont les petits points que j’ai fait avec le marqueur drawing gum de Pébéo qui donnent le mieux.

La photo de mon travail en cours est un peu jaune… j’avais tellement envie de poursuivre cette aquarelle débutée lundi matin, que je me suis levée mardi à 5 heures pour avoir un peu plus de temps devant moi!

Cinquième étape : le cookie

Et là, je me suis régalée!!!
Un petit truc pour rendre les matières : oublier ce que l'on est en train de peindre et se raconter une histoire qui n'a rien à voir avec ce que l'on peint.
Exemple : là, il y a trois petites montagnes, là un chemin…
Ça donne au regard une acuité nouvelle car on se concentre sur ce qui est et non pas sur ce que l'on sait! On neutralise le cerveau gauche!
De plus, pour bien rendre les volumes, je cligne des yeux régulièrement ce qui accentue les valeurs claires et foncées et me permet de les placer au mieux !

C’était un régal de peindre ce petit biscuit !
Je vous en montre un gros plan pour que vous voyiez que la matière est rendue avec, somme toute, peu de moyens!

Sixième étape : la cuillère en argent

Là aussi, pour rendre la matière du métal, il faut absolument oublier ce que l’on sait pour se concentrer sur ce que l’on voit.
Plus une matière est brillante, plus le contraste entre les zones claires et foncées est net. Il y a quelques dégradés, mais la plupart des formes sont nettement délimitées !
J’ai bien aimé aussi, peindre cette cuillère en me concentrant sur les petits détails des dessins du métal…

Septième étape : le sous-tasse

Pas facile : des dégradés subtils, des zones nettes, des lumières, des reflets…
mais une couleur que j’adore! Elle donne un peu plus « bleu » sur les photos de cet article, mais il s’agit bien d’un ton de turquoise en réalité.
Cette couleur, je ne l’ai pas composée avec les primaires car il est impossible d’obtenir certaines nuances par mélange des tons de base. Je l’ai créée au départ de deux turquoises en tube dont le cobalt turquoise.
Le turquoise clair, je ne peux vous en donner la référence car je ne retrouve plus le tube : j’ai dû le vider entièrement sur ma palette et le jeter…

À droite de la tasse, les reflets se superposent. J’ai donc pratiqué la technique du layerling : des couches transparentes superposées lorsque le fond est sec.

Le bord arrondi de la soucoupe n’a pas été facile non plus… mais sans s’énerver, en observant, analysant le document de départ, j’y suis honnêtement arrivée.

Et puis, j’ai dû abandonner mon aquarelle pour deux jours…
J’étais si bien lancée : j’aurais tellement voulu continuer!
Quand je m’interromps, je place mon aquarelle à la verticale sur un petit chevalet. Comme cela, chaque fois que je passe devant, je la regarde d’un œil critique et je vois ce que je devrai améliorer quand je la reprendrai!

Reprise de l’aquarelle ce vendredi matin!!!

Je réinstalle mon matériel : toujours de la même façon. J’oriente toujours ma palette dans le même sens, pose mon pot d’eau au même endroit… ça me facilite le travail quand je suis bien engagée dans une réalisation!

J’aime travailler dans le living de ma maison. Je pourrais m’isoler ailleurs, mais c’est ma place préférée pour le moment. Je m’y sens bien même quand il y a un peu de va-et-vient.
En cette période de confinement, c’est plutôt calme!!!

Huitième étape : la tasse

Je commence par la hanse, pour me remettre doucement dans l’énergie de cette aquarelle et retrouver le tempo, le geste, l’eau et les couleurs…
Pour moi, les petites formes sont plus faciles à maîtriser et les peindre me sert disons, d’échauffement.

La partie la plus difficile, c’est la zone ventrue de la tasse. C’est un dégradé, mais pas tout à fait lisse et avec des contrastes…
Alors, je recule encore d’un pas et je réalise le bord de la tasse au-dessus du chocolat chaud en prenant soin de laisser une petite zone pour la mousse du lait.

Et puis, « pas d’avance » : je dois me lancer pour la tasse. Je sais que si je la rate, je rate tout et que je peux jeter ma feuille à la poubelle… ça arrive, quelques fois, hélas!
Pendant que mon chéri Mickaël, chante en bruit de fond dans l’émission « N’oubliez pas les paroles », je me lance…
et petit à petit, la tasse apparaît sous mon pinceau et je suis de plus en plus joyeuse!

Comme le disait ma petite sœur Marie-Anne, quand on dessine, quelque fois, il y a quelque chose de magique : « ÇA vient… »! « ÇA apparaît… »
Et ma tasse turquoise est là! 😉 Ouf! Yes!!! Je respire!!!

C’était pas gagné, mais je suis fière de moi!!!

Neuvième étape : le chocolat chaud

Oui, j’ai décidé qu’il s’agissait de chocolat plutôt que de café au lait!
Là non plus, il ne faut pas se tromper de nuance.
Si je veux que l’on sente le liquide, il faut trouver l’exacte nuance de beige.
Je ne le fais pas souvent, mais j’ai quand même travaillé ma couleur en faisant de petits tests sur papier que j’ai laissé sécher avant de peindre.
Quand je regarde mon aquarelle, je suis satisfaite de cette nuance…

J’ai d’abord placé la base claire et j’ai laissé sécher. Quand la base a été bien sèche – sans sèche-cheveux – j’ai seulement réalisé l’ombre en dégradé dessus. et in fine, les petites bulles.

Voilà mon aquarelle terminée pour aujourd’hui.
Suis toute contente!!!

Dixième étape : finition

Je vais de nouveau l’exposer à la verticale sur le petit chevalet.
L’observer encore quelques temps et peut-être y apporter l’une ou l’autre petite modification.
Ensuite, je la signerai et la partagerai avec mes petits camarades des réseaux sociaux!
La signature est importante, si vous n’avez pas encore la vôtre, je vous conseille de consacrer un peu de temps pour la créer!

Il me plairait assez de maroufler cette aquarelle sur une toile!
Cela fera peut-être l’objet d’un nouvel article!

Merci à vous de m’avoir lue jusqu’ici !
N’hésitez pas à me laisser vos commentaires !


Créativement vôtre!

Le 20 novembre 2020