Valse avec Joëlle Krupa … et remakes

Ce n’était pas le grande forme quand j’ai débuté le stage de Joëlle Krupa à Libin cette année. Ça arrive. La vie n’est pas un long fleuve tranquille : nous connaissons tous des hauts et des bas.

À ce moment-là, j’étais plutôt en mode :

« Ne me secouez pas , je suis plein(e) de larmes » (Henri Calet)

D’entrée de jeu, en pénétrant dans le beau local de Libin, j’ai été frappée par la dynamique du groupe qui installait joyeusement tout son matériel.
Joëlle avait organisé l’espace pour qu’il soit agréable et avait disposé pour chacune d’entre nous un bout de scotch pour écrire notre prénom.
C’est un tout petit geste mais c’est un véritable brise-glace ! S’appeler directement par son prénom est beaucoup plus sympathique !
@Joëlle : une idée que je vais te piquer !

Le stage a démarré par la découverte du matériel de Joëlle. Comme elle voyage beaucoup, elle a choisi et confectionné un matériel très léger, terriblement pratique dont l’ergonomie lui permet de peindre sans trop de fatigue et/ou douleurs.

À ce moment, j’étais déjà conquise par son esprit ingénieux.
Tout comme moi, elle a « ses bizarres » (bout de ficelles, morceaux de carte magnétique, cure-dents, pinceaux fabriqués maison…) et ce n’est pas notre seul point commun, vous allez voir !

Durant ces 3 jours, comme toutes les participantes, j’ai apprécié l’attitude bienveillante et la générosité de notre formatrice qui n’ont d’égales que son expertise technique

Un de ses leitmotiv est que :

« Plus on maîtrise la technique, plus on est libre d’exprimer sa créativité. »

Là aussi, je me retrouve. Durant toute ma carrière dans l’Enseignement Supérieur, je donnais des cours qui alliaient technique (la suite Adobe au service du graphisme et de la publicité) et création. Je répétais souvent à mes étudiants que plus on maîtrisait les logiciels, ses outils, plus on avait de cordes à son arc pour servir et réaliser les idées.

Même si nombre de techniques que j’enseignais sont aujourd’hui obsolètes avec l’intelligence artificielle, je pense encore que la machine la plus performante n’arrivera jamais à concurrencer la créativité humaine. Voyez les flyers et publicités actuels : ils se ressemblent tous !

Mais revenons à ce chouette stage !

Après les pinceaux, les godets et autres, nous passons à l’analyse des 3 sujets choisis en précisant pour nous les objectifs techniques et artistiques.

Ce que j’ai apprécié aussi chez Joëlle Krupa, c’est la clarté et la structure de son propos.

Une bonne aquarelle allie ces 3 critères :

  1. Créativité
  2. Transparence
  3. Lumière

Sans dévoiler sa méthode qui se trouve très bien expliquée dans ses livres, je peux vous partager que son organisation du travail est rationnelle et pratique, basée sur une expérience riche de nombreuses réalisations et de partages lors de ses cours et stages.

Les 3 étapes importantes  avant de se lancer dans la réalisation, sont :

  1. réaliser un petit croquis des masses principales en valeurs de gris pour se les approprier.
  2. rechercher les couleurs  avec la notion de dominante, de tons de liaison, de contraste…
  3. réaliser l’aquarelle en petit pour s’approprier le sujet.

Je l’avoue : je ne le fais pas à chaque fois… c’est dommage, car ça permet réellement d’apprivoiser son sujet et d’être plus libre en peignant !

Après un dessin sommaire, les 3 grandes étapes de l’aquarelle seront :

  1. le grand mouillé : le flou
  2. le mouillé : moins flou
  3. le sec : le net.

J’aime bien sa façon de mouiller la feuille avec les mains. Je le fais comme cela maintenant !

Durant toute sa démonstration, Joëlle n’est pas avare de conseils et très vite, dans le groupe, nous nous approprions ses refrains positifs :

  1. Pas de panique !
  2. Le risque zéro n’existe pas !
  3. C’est pas grave !

Ces mots résonnent en moi. Pour autre chose que l’aquarelle…
L’émotion est là et l’aquarelle ne ment pas. Je le constate tellement dans mes réalisations du stage : que c’est noir !
Ma voisine, Marie-Paule – même prénom que ma maman ! – essaie de m’encourager : « Quand elle est sur le mur, ton aquarelle paraît moins sombre… »

Mais moi, je sais. Ce ne sont pas « mes couleurs »… !

Joëlle aussi a vu… Elle est subtile.
Elle m’encourage à recommencer à la maison.

Et c’est ce que j’ai fait !
Et ce fut riche d’enseignements !

Voici ce que j’ai constaté :

  1. le fait de retravailler avec la méthode étudiée en stage permet d’approfondir l’apprentissage et de consolider les acquis. Je le referai certainement et le conseillerai à mes élèves !
  2. être dans son environnement facilite le travail… mais les habitudes personnelles reviennent au galop ! C’est pas grave !
  3. ça génère de nouvelles idées de sujets, de défis à relever ! Ça aussi, c’est génial !

Et last but not least, reprendre les pinceaux, peindre : quel bonheur !
Alors que je pensais passer en mode survie, j’ai réussi à prendre de la distance pour de nouveau « Laisser chanter les couleurs ! »

En rédigeant ce texte, je remarque que l’organisation de l’aquarelle est comme une valse à trois temps 

3 critères, 3 étapes, 3 états, 3 injonctions, 3 constatations…
C’est drôle, vous ne trouvez pas ? Et tout à fait mémorisable !!!

Encore merci, chère Joëlle, pour ce stage, pour la dédicace « spécial prof » dans mon livre et l’échange délicat avant de partir !
Oui, je vais prendre de la distance et penser à toi !!!

Merci à mes 14 compagnes de ces 3 jours à Libin. Arrivées d’horizons divers, nous pouvons dire que notre passion commune et notre gentillesse ont vite fait prendre la « mayonnaise » !
Que notre groupe whatsapp continue à faire vivre cette belle amitié !

Merci à Marie-Catherine pour son accueil incomparable et merci à Jean-Philippe pour sa cuisine si savoureuse !

Vous trouverez ci-dessous quelques images de mes réalisations.

À vous de juger…

Première aquarelle. Travail selon le cycle de l’eau. Prise en mains de la méthode
Remake à la maison
Esquisse en noir et blanc
Recherche des couleurs
Paysage réalisé à Libin… tout noir !
Nouvelle recherche de couleurs
Version finale…